Oct
23
2007

La stratégie “donnant-donnant” brille par sa
régularité et sa
prévisibilité. Ces deux caractéristiques renforcent la confiance mutuelle entre les partenaires. Elles font aussi que, dans un réseau, toutes les relations ne se valent pas. Des relations nourries sur le long terme par des actes coopératifs répétés valent potentiellement plus que des relations nouvelles. C’est une leçon que les
serial networkers des réseaux sociaux comme LinkedIn et Viadeo feraient bien de méditer. A quoi sert d’avoir des centaines de connexions dans son réseau si rien ne se passe après les avoir ajoutées ? Un tel réseau social se comporte comme un cerveau dans lequel aucun influx nerveux ne circulerait entre les neurones.
Régularité et prévisibilité sont donc, si l’on peut dire, les deux mamelles de la stratégie “donnant - donnant”. Elles peuvent être sérieusement contrecarrées par nos passions, réactions impulsives et chaotiques.
Qui d’entre nous n’a jamais répondu de manière brusque à un e-mail mal compris parce qu’il était de mauvaise humeur à ce moment-là pour une raison complètement étrangère à l’émetteur du message ?
Ce genre de comportement crée des malentendus qui sont autant de fausses notes dans la coopération.
Sur le long terme, cependant, le fait, pour des partenaires, d’être capables de surmonter ces soubresauts, renforce la confiance. Après tout, nous ne sommes qu’humains.
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Oct
17
2007

Pour paraphraser Gide, c’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise coopération. Plus exactement, la coopération n’est pas du registre des sentiments. L’exemple des tournois logiciels organisés par Axelrod le prouve assez : des robots programmés peuvent avoir un comportement coopératif. On verra même dans un futur billet que les passions peuvent contrecarrer la coopération. Néanmoins, l’homme est fait autant, sinon plus, de passion que de raison. Que l’on s’en réjouisse ou qu’on s’y résigne, c’est ainsi. La dimension émotive impacte donc nécessairement la coopération. Si la coopération n’est pas affaire d’intentions, elle est affaire de communication de ses intentions. Il s’agit non seulement de coopérer par des actes mais aussi signifier son intention de coopérer.
Les choses se corsent dès lors que l’on considère que coopérer avec quelqu’un consiste à effectuer une action favorable à ses intérêts et qu’inversement un comportement hostile doit être sanctionné immédiatement par un comportement hostile de même intensité. Le problème, c’est que tout est question d’estimation :
comment puis-je connaître les intérêts de mon partenaire ?
est-ce que, même, je suis toujours conscient de mes propres intérêts ?
si je sanctionne un comportement que je juge hostile alors qu’il était neutre dans l’esprit de mon partenaire (erreur d’appréciation), ma sanction risque d’être incomprise
existe t-il une échelle qui permette de comparer l’intensité des actes coopératifs ou adverses ?
Lorsque l’on essaye de jouer sur un mode coopératif avec ses partenaires, il faut faire en sorte que ses actions soient le plus intelligibles possibles. Cela nécessite du savoir-faire et du faire-savoir : j’agis de telle façon avec toi et je t’explique pourquoi. Autrement dit, la coopération met en oeuvre des compétences certaines en psychologie et en communication.
Oct
16
2007

Ce billet est le premier d’une série sur la théorie de la coopération, dans lesquels nous reviendrons notamment sur les travaux de
Robert Axelrod. Entre autres réalisations, Robert Axelrod est l’auteur de l’ouvrage
The evolution of cooperation, publié en français sous le titre attrayant, provocateur mais réducteur
“Comment réussir dans un monde d’égoïstes ?” Vous trouverez dans le
centre de ressources un résumé et commentaire de ce livre par François Audiat.
Le livre passe en revue différentes stratégies d’interaction entre les membres d’un groupe. Parmi ces stratégies, il y a le modèle dit “donnant - donnant”. Le principe de la coopération donnant – donnant consiste à interagir sur un mode coopératif avec un partenaire tant que celui-ci fait de même. A la première défection, le modèle invite à réagir immédiatement et avec la même intensité ; puis, au tour suivant, à reproposer une coopération. En tout état de cause, avec ce modèle, on n’agresse jamais le premier, on réagit à la première agression, et puis on repart sur un mode coopératif.
Robert Axelrod a montré dans son ouvrage que cette stratégie était efficace et pouvait même s’imposer en absence d’amitié ou d’amour, par la seule force des intérêts bien compris des uns et des autres. Ce modèle n’est pas nécessairement le plus efficace pour un acteur pris isolément. Mais il permet de lui apporter une valeur sur le long terme et bénéficie durablement au groupe. C’est pourquoi il est si pertinent, je trouve, en entreprise, et plus généralement dans les groupes humains.
Axelrod décrit et analyse des tournois organisés dans les années 80 entre des agents artificiels (petits logiciels) ayant chacun sa stratégie. Certains coopéraient toujours, quelle que soit l’attitude de l’autre. En quelque sorte, même lorsqu’on les frappait, ils tendaient l’autre joue ; d’autres, coopéraient toujours jusqu’à un certain point où ils faisaient défection, « trahissaient » leurs partenaires ; d’autres encore avaient un comportement aléatoire, etc. Finalement, le modèle dit donnant – donnant s’avérait l’un des plus robustes.
En tant qu’êtres humains, nous pouvons, consciemment, nous, sans être programmés, choisir cette stratégie. Mais est-ce si simple ? Bien sûr que non. Les prochains billets traiteront justement des limites qui nous entravent dans notre volonté de coopérer.

Mar
15
2007

Depuis plusieurs mois, Coopératique travaille en étroite collaboration avec 4 autres entreprises. Nous formons ainsi un groupe cohérent, composé de :
PFLS, spécialiste de l’attention portée au client
Dapto Graphics, conception réalisation graphique
Produit Stratège, conception , design de produits et d’environnements
Réflexe-Internet, développement de sites Web et d’applications de bases de données
Coopératique, spécialiste de la mise en place de démarches et outils coopératifs
Ces complémentarités nous permettent de proposer à nos clients des prestations complètes.
Nous garantissons ainsi à nos clients la prise en compte de leur problématique à 360° avec l’avantage de l’implication de 5 managers, responsables de leur propre CA et de leur propre croissance, ce qui est un gage de motivation.
Les réunions entre nous sont très collégiales et nous sommes réellement sur un mode de management que je qualifierais de peer-to-peer.
Occasionnellement, nous accueillons d’autres partenaires, qui nous apportent un regard extérieur sur notre initiative. Ce fut le cas lundi dernier de l’entreprise
Dialogos.
Nous construisons ainsi une forme originale de prestataire de services pour nos clients, à la fois un et multiple. Cette démarche, novatrice en France, correspond déjà, semble t-il, à une école de pensée managériale aux Etats-Unis : le
co-working (via
Smartmobs).
Source de l’image :
The CoWorking Institute
Feb
11
2007

“Cher client” est le nouveau livre blanc que j’ai réalisé pour l’EBG (
téléchargeable ici). J’ai pu rencontrer 35 entreprises qui m’ont fait part de leurs pratiques en matière de relation client. Parmi ces entreprises, Orange Assistance a développé une approche coopérative de la formation et de la montée en compétence de ses téléconseillers. Celle-ci consiste à puiser l’information auprès d’un conseiller, voire auprès d’un client qui appelle, et de l’entrer dans un forum afin d’en faire profiter l’ensemble de l’équipe. Des systèmes d’évaluation symbolique permettent de récompenser les conseillers qui alimentent le mieux la base de connaissance informelle ainsi constituée. Celle-ci est ensuite périodiquement revisitée pour être intégrée dans la base de connaissances structurée d’Orange Assistance. Mais écoutons Jean Held, Responsable du centre Orange Assistance, nous présenter la démarche :
« Tous les mois, de nouveaux mobiles, de nouvelles offres de services arrivent sur le marché avec des utilisateurs technophiles toujours en avance. Nous avons donc besoin de conseillers clients performants.
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