Nouvelles tendances du Web 2.0 : déconnecté et sur votre bureau

disconnected.jpgA l’heure actuelle, il n’est pas vraiment possible d’être toujours et partout connecté au Web. Les travailleurs nomades en savent quelque chose. Plusieurs cas se présentent bien souvent :

  • pas de connexion wi-fi ou 3G disponible (lieux enclavés, avion, train)
  • réseaux disponibles mais peu performants
  • coûts de connexion prohibitifs
  • En France, on a tendance à l’oublier, car nous sommes plutôt bien lotis en termes de connexion internet sans fil. Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays…y compris aux Etats-Unis.

    C’est probablement ce qui conduit des industriels à redécouvrir un terrain de bataille délaissé : le bureau, sur votre ordinateur, même quand vous êtes hors-connexion. Plusieurs produits lancés récemment vont dans le même sens :

  • Google Gears et Dojo offline
  • Google Gears est une extension open-source pour votre navigateur qui permet à des applications Web de tourner hors-ligne.

    Dojo offline est un toolkit open-source qui augmente les possibilités de Google Gears.

  • Adobe AIR
  • C’est une plate-forme qui permet de développer des applications combinant Flash, Ajax et Flex fonctionnant sur le bureau.

  • Zimbra
  • Cet éditeur de solutions de messagerie (racheté par Yahoo! en septembre 2007) a développé un client en AJAX intégré au navigateur mais capable de fonctionner même sans connexion Internet.

    Brad Neuberg, fondateur de Dojo offline, décrit dans un billet de blog des applications possibles :

    “Imaginez une version de Gmail avec un bouton ‘travail hors connexion’ sur le côté gauche de l’écran. Vous le pressez et GMail exporte vos 100 e-mails reçus les plus récents, avec les pièces jointes, dans Dojo Offline. Vous pouvez dès lors fermer votre navigateur et travailler en mode déconnecté, dans l’avion par exemple. Une fois en vol, ouvrez votre ordinateur portable et tapez mail.google.com dans la barre d’adresses de votre navigateur. Comme par magie, l’interface utilisateur Gmail apparaît sur votre écran, avec vos 100 messages les plus récents. Vous pouvez les lire, y répondre ou écrire de nouveaux messages. Une fois arrivé à destination, dans l’aéroport, vous vous connectez à l’Internet, sur GMail, et cliquez sur ‘travailler en ligne’. Automatiquement, tous les e-mails que vous avez préparés dans l’avions sont téléchargés vers le serveur Gmail et expédiés.”

    Cet exemple est facilement transposable à Google Docs.

    Plus généralement, les applications Web tendent à s’affranchir du navigateur. C’est tout le sens de Prism, sorti des laboratoires de la fondation Mozilla. Ce projet permet de transformer une application Web en application de bureau. « On peut dire que c’est un peu comme un navigateur invisible et bridé, donc limité à une seule application qui s’ouvre alors sur votre ordinateur » explique Tristan Nitot à 01net.

    En tant que telle, on peut affecter une icône ou un raccourci à cette application. Contrairement aux cas évoqués plus haut, ces applications ne fonctionnent que connectées à l’Internet. Elles sont intéressantes, comme l’évoque EmpereurZorg dans un commentaire, pour au moins 2 raisons :

  • elles devraient permettre d’avoir plusieurs sessions d’une application Web tournant en parallèle, correspondant à des noms d’utilisateurs différents
  • elles permettent d’avoir juste l’application, sans les autres boutons du navigateur.
  • Ce dernier élément peut être utile pour des entreprises qui chercheraient à limiter le temps passé sur Internet par leurs collaborateurs !

    En permettant une meilleure complémentarité entre les modes en ligne et hors ligne, ou en faisant des applications Web des applications à part entière, ces évolutions vont encore conforter la montée en puissance du SaaS (Software as a Service), plus connu sous le nom de logiciels ASP. Au lieu d’installer un logiciel sur sa machine, on l’utilise sur Internet, le logiciel et les données étant stockés chez un prestataire. On notera, à ce titre, la logique différente de Microsoft, qui préfère parler de “S + S”, pour Software + Service. L’idée est d’héberger les données sur des serveurs Microsoft, de permettre de les visualiser via un simple navigateur, mais avec la nécessité d’avoir le logiciel (Word, Excel, par exemple) installé sur la machine pour pouvoir modifier les documents.

    A lire sur le même sujet :

    Web 2.0 en mode déconnecté: Zimbra montre la voie (L’Expansion.com)

    Office Live Workspace ou comment travailler en ligne

    Crédit photo :
    Disconnected, par killermonkeys, Creative Commons

    Print Friendly

    5 thoughts on “Nouvelles tendances du Web 2.0 : déconnecté et sur votre bureau

    1. Bonjour,

      Tim O’Reilly décrit le Web 2.0 comme le Web plate-forme. C’est vrai que beaucoup d’applications du bureau ont tendance à “migrer” sur le Web, comme les suites bureautiques.

      Je trouve ironique que des extensions comme Prism proposent, aujourd’hui, le mouvement inverse : amener le Web sur le bureau !

    2. Le maître mot de tout ceci est la mobilité, non?
      L’évolution constante de nos modes de vie, la généralisation du ‘nomadisme’ pousse chaque business a tenter de conserver la relation avec son client partout, tout le temps… Nous pouvons donc y voir soit la vocation de connectivité permanente en tant que service, soit la connectivité permanente en tant que surface d’exposition pour ses propres marques…

      Encore un très bon article en tous cas ;-)

    3. En effet, David, cette tendance a un impact sur la relation client. Un exemple personnel : me rendant en clientèle, j’ai un jour été dépité de constater, pendant mon rendez-vous, que mes notes de préparation d’entretien prises sur Google Docs n’étaient pas à ma disposition…tout simplement parce qu’il n’y avait pas de connexion là où je me trouvais !

      Voilà ce que c’est que de se reposer sur le mythe (aujourd’hui, c’en est un) de la connectivité permanente.

      Une solution fonctionnant dans les 2 modes, connecté et déconnecté, m’aurait évité cette déconvenue.

      Pour l’instant, j’ai pris l’habitude de faire des exports de mes documents en ligne avant tout rendez-vous. Mais je pourrais bientôt passer à une solution hybride.

    Laisser un commentaire