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Web 2.0 : le ”tagging” entre dans les moeurs

06/02/2007
Selon l’étude American Life Project de l’institut Pew Internet, près de 30 % des internautes américains sont des “taggueurs”. Entendez par là qu’ils sauvegardent leurs favoris en ligne sur des sites tels que del.icio.us et qu’ils affublent leurs photos Flickr et les billets de leurs blogs de leurs propres mots-clés.
7 % des internautes tagguent du contenu tous les jours.
Une nouvelle habitude qui se retrouvera bientôt en entreprise puisque de nombreux éditeurs préparent des “del.icio.us-like” en version professionnelle.
“Ce principe permet de créer des ontologies empiriques. Imparfaites et en perpétuelle évolution, elles sont le reflet à un instant “t” des centres d’intérêt des internautes”, explique Jérémy Chatard, directeur technique de la SSII Breek
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Profitons de cet article pour réfléchir à la différence entre taxinomie et “tagsonomie”. Si la taxinomie est l’art du rangement, la tagsonomie serait l’art de taguer des contenus.

On pourrait comparer les deux approches de la façon suivante.

taxinomie_tagsonomie

Explicitons chacun de ces points de comparaison.

  • La taxinomie est figée, la tagsonomie est évolutive
  • La taxinomie a pour vocation de classer le savoir selon des catégories stables, alors que la tagsonomie évolue en permanence, puisque chacun, n’importe quand, peut la modifier.

  • La taxinomie est hiérarchique, la tagsonomie est nébuleuse
  • En taxinomie, on raisonne par catégories et sous catégories (les annuaires de sites Web dès années 90, comme Yahoo!, en étaient un parfait exemple), alors qu’en tagsonomie, les objets “taggés” sont liés les uns aux autres par une multitude de chemins. C’est ce qu’illustrent parfaitement les fameux nuages de tags.

  • La taxinomie est arborescente, la tagsonomie est “sérendipitaire”
  • De par cette logique en catégories et sous catégories, on explore la connaissance, en taxinomie, de manière arborescente, structurée. A l’inverse, la tagsonomie est propice à trouver “par hasard” des informations qu’on ne cherchait pas a priori. C’est le domaine de la sérendipité.

  • La taxinomie est un phénomène discret, la tagsonomie est un phénomène continu
  • Les taxinomies ne sont pas fixées une fois pour toutes. Les classements des encyclopédies sont susceptibles d’évolution. Néanmoins, elles ont vocation à être stables. Entre deux refontes, une taxinomie n’évolue pas. Au contraire, une tagsonomie est en perpétuelle évolution.

  • Une taxinomie est validée par une autorité, pas une tagsonomie
  • Pour pouvoir arrêter une taxinomie à un instant T, il faut bien qu’une autorité en décide ainsi. Il peut bien sûr s’agir d’un collectif. Toujours est-il qu’une entité (personne ou groupe) décide que le classement de l’information doit être tel ou tel, au moins jusqu’à la prochaine révision. Rien de tel en tagsonomie : en perpétuelle évolution, elle n’a pas besoin d’être validée.

    Taxinomie et tagsonomie ont chacune leurs vertus. La sérendipité me paraît l’un des principaux points forts de la tagsonomie. Mais attention au risque de s’y perdre 🙂 !

    Sur le même sujet : Folksonomy, le partage organisé

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